vendredi 25 décembre 2009

Une nuit, un rêve, une nouvelle .

C'est fou comme les rêves peuvent être source d'inspiration .

Cette nuit là, je rêvais de ce garçon ... Mais la fin me manquait comme je l'ai écrit dans la nouvelle . J'étais ... frustrée à l'idée d'avoir fait un rêve inachevé . Quand j'étais toute petite, ma mère me disait : "Tu dois toujours finir ce que tu as commencé" . Alors ni une ni deux je me creusais les méinges afin de trouver le meilleur dénoument possible .

J'ai intensionnellement changé quelques détails et modifié les prénoms . On ne sait jamais après tout . Enfin, trèves de bavardages et bonne lecture .






Comme dans un rêve


Allongée sur le parquet frais de ma chambre j'admirais le plafond d'étoiles . Il faisait nuit noir dehors et le vent s'abattait sur mes volets . J'aimais ces bruits là . Malgré le froid du sol, je restais inerte seulement vêtue d'un tee shirt long et d'un short . Je m'endormais, les mains croisées sur mon ventre et les cheveux en bataille . Je m'endormais avec pour idée de finir mon rêve qui n'a pour ainsi dire, jamais eu de fin . Voilà maintenant trois heures que je tournais en rond avec cette seule idée en tête . « Fini ce rêve » ordonnais-je à mon subconscient .
Mes membres se détendaient, ainsi que tout le reste de mon corps . Je dormais désormais ...

Nous étions toutes devant le cinéma . Il y avait mes meilleures amies et ma sœur, Julie . Nous étions surexcitées à l'idée de voir ce film dont tout le monde parlait . Il avait l'air génial et la bande d'annonce donnait froid dans le dos . Un film d'horreur encore une fois . Nous adorions ces films . Folles ? Non, juste admiratives des scénarios et des effets spéciaux . De plus l'histoire derrière toutes ces marres de sang était intrigante . Tout pour donner vraiment envie aux spectateurs . Ces américains alors ... Nous faisions la queue et commencions à s'impatienter . C'était long . Beaucoup de monde était au rendez-vous . La salle risquait d'être pleine à craquer, pas le temps de s'arrêter pour les friandises, nous ferions un tour après la séance dans une boulangerie ou un supermarché . C'était à notre tour . Comme d'habitude, ils nous demandaient notre âge ... Nous réglions les places et allions dans la salle .

Enfin nous y sommes . Ça allait être une bonne partie de rigolade malgré tout . Julie se mit prêt de moi . J'étais au bout de la rangée, pour être sûre qu'un inconnu se mette à côtés de moi . Je n'aimais pas savoir que quelqu'un que je ne connaissais pas était à côté de moi . Mon sac sur les genoux, les yeux rivés sur l'écran j'étais prête . Les publicités commencèrent et nous commencions à chahuter . Laquelle de nous criera la première ? J'étais persuadée que ça allait être Julie . Elle était un peu froussarde et c'était la plus jeune . Nous avions pariez dix euros qu'elle hurlerait la première . Je savais que j'allais gagner parce que je n'ai jamais peur . Ces films-là n'ont aucun effet sur moi . Les faits réels m'effraient beaucoup plus . Dans un film, même très bien fait, je savais que tout était fictif ... Même si parfois un frisson parcourait mes bras, je ne criais jamais . Les lumières tamisées s'éteignirent, une derrière bande d'annonce et le film commençait . À ce moment-là on entendait des adolescents – certainement des garçons – chahuter dans le couloir . La double porte s'ouvrit, je tournais inconsciemment la tête en sa direction et je le vis . Lui . Le garçon qui me faisait craquer . Celui dont je parlais tout le temps, celui qui me faisait tourner la tête, chavirer le cœur, perdre mes mots en sa présence . Celui que j'aimais . Pourquoi était-il là ? Qui étaient ces personnes avec lui ? Pourquoi le même film, la même séance, le même cinéma que moi ? Pourquoi toutes ces coïncidences ? Je tournais très vite la tête pour ne pas qu'il me voit . Il traversait dans l'allée principale . À son passage je sentis son incroyable odeur . Ce parfum indescriptible . Je me crispais et m'accrochais au siège . Julie fit les gros yeux et ne comprit pas ce geste, alors que le film n'avait pas encore commencé . Elle posait sa main sur la mienne et me détendit . Je la remerciais en esquissant un sourire, qu'elle me rendait . Le film débutait enfin et j'oubliais presque sa présence dans la salle, mais c'était bien de courte durée . Environ vingt minutes plus tard je le vis se lever et se diriger vers la porte . Il balayait la salle des yeux en passant et il me vit . Son regard s'arrêta dans le mien . Je détournais très vite les yeux vers l'écran géant et essayait de ne plus le regarder, de me concentrer sur le film . En vain ... J'inspectais sans arrêt la porte pour voir quand est-ce qu'il allait revenir, si bien que je ratais facilement dix bonnes minutes du chef d'œuvre américain . La porte se ré-ouvrit enfin et son visage apparut devant la lumière extérieure . C'était éblouissant et magnifique . Mes yeux ne décrochaient pas à tel point que je ne me rendis pas compte qu'il s'approchait de moi . J'étais subjuguée, enivrée par sa présence . Il s'accroupit afin de ne gêner personne, me présentait un paquet de pop-corn sucrés et me sourit .


- Salut ! Dit-il d'une voix suave .

- Euh . Salut . Bégayais-je . Tu . Tu vas pas t'asseoir ?

- Je me demandais si on ne pouvait pas se mettre à côté .

J'inspectais la rangée à laquelle j'étais assise et aucune place n'était libre . Je me retournais sans savoir que dire . Il s'en amusait et se levait . Il prit mon sac, me tendait sa main en même temps . Je la saisissais et nous allions vers les premières rangées qui étaient quasiment vides . Nous nous installions côte à côte, le paquet de pop-corn et mon sac près de lui . Il avait l'air encore plus parfait que je ne le pensais . Est-ce qu'une personne pareille pouvait exister ? Pendant le film je me décontractais un peu plus et posait ma main sur l'accoudoir, Lionnel déposait délicatement la sienne sur la mienne . Je frissonnais et mon cœur battait la chamade . J'avais chaud tout à coup . Je retirais ma main, il ne comprit pas . Je souriais pour rassurer, retirais ma veste à la troisième vitesse . Ma tête se posa dans le creux de son cou . Je levais les yeux pour le regarder, lui aussi avait les yeux rivés sur moi . Je m'en réjouissais et me replongeais dans le film . Son bras passait derrière mon dos . Il caressait mon épaule avec ses longs doigts de guitariste . Le film me parût passer à vitesse grand V à ses côtés . Le générique défilait, c'était la fin . Les lumières se rallumaient et tout le monde se levait . Nous nous redressions mais restions assis encore un peu . Mes amies et Julie nous passèrent devant . Ma sœur se rapprochait .

- Tu viens avec nous ? Me demandait-elle d'une toute petite voix .

- On se rejoint à la maison . Lâchais-je dans un soupir .

Elle sourit nous souhaita un bon après-midi et quittait la salle en mouvement . Lionnel lui était totalement inerte . Nous ne parlions pas et ce n'est qu'une fois que la salle fut vide que nous dénions sortir . Le soleil hivernal tapait légèrement sur nos visages et nous nous dirigions naturellement vers les marches de la cathédrale . Nous avions eu la même idée, en même temps . Effrayant . Je m'installais devant lui afin de pouvoir me blottir dans ses bras si reposant . Il embrassait mon cou, caressait mes cheveux . Il aimait jouer avec mes boucles et souffler sur la longue mèche qui passait devant mes yeux . Je tournais la tête, vit son visage tellement angélique . Je rougissais et baissais un peu la tête, il toucha son front avec le mien . Son nez frottait aussi le mien . Mon cœur s'emballait ...

Mon réveil sonnait et je ne finissais pas ce rêve . Encore une fois . Frustrée je me levais avec en prime un mal de dos . J'allais prendre ma douche, enfiler une tunique longue, mes doc' et ma veste préférée et sortit . Dehors il pleuvait, je mis ma capuche et marchait droit devant moi sans vraiment avoir de destination . Aller où bon me semblait, voilà de quoi j'avais besoin . Mes jambes me conduisirent au centre ville, dans le magasin que je fréquentais le plus . Je traînais au rayon manga farfouillant sans vraiment avoir d'idée en tête, finalement je lus une BD classique . Cédric . J'aimais tellement les lire enfant . J'étais plongée dans ma lecture, assise sur un pouf mis à la disposition des clients, quand quelqu'un me marcha sur le pied . Un « Aïe » m'échappait . Le coupable se retournait pour s'excuser .


- Pardon, je ne t'avais pas vu . Désolé . Lança-t-il .

- Pas grave . Répliquais-je sans même daigner lever les yeux de ma BD .

- Emilie ? C'est toi ?


Je connaissais cette voix et cet accent . Ce n'était pas possible . Je rêvais encore . C'était lui .


- Lionnel ? Tu . Qu'est-ce que tu ? Je bégayais de nouveau . Pitoyable .

- Je viens trouver un manga . Il jeter un coup d'œil à ma BD . Cédric, j'aime bien aussi . Dit-il avec un sourire parfait .

- Oh ! Oui ça … J'étais vraiment nulle .

- Bon, en tout cas ça m'a fait plaisir de te voir . On se voit au lycée .


Il se baissait et embrassait ma joue . Je restais inerte, comme à mon habitude . Stupide timidité . Je suis une idiote renfermée . Je dois me ressaisir . Il souriait de nouveau en me voyant dans cet état et partit . J'avais honte . Incroyablement honte, il fallait absolument que j'aille lui parler . Je n'avais pas le choix, chaque jour je me ridiculisais encore un peu plus . Il était le facteur principal de ma gêne, ma timidité, je devais vaincre cela .


- Lionnel ! Dis-je très nettement pour une fois .

- Oui ? Dit-il en se retournant instinctivement .

- Je suis désolée d'être comme ça . Je me levais . D'être constamment muette et de bégayer dans le meilleur des cas . D'habitude je ne suis pas vraiment comme ça, c'est toi qui déclenche ce comportement . Tu m'intimides . Je ne tiens pas à me ridiculiser devant toi . Non, je tiens juste à m'expliquer, pour que tu saches, que tu comprennes .

- Je comprend . Il penchait légèrement la tête et attendait que je continue .

- Tu comprends ? Si tu comprends . Ah non alors je suis en train de me ridiculiser . Oh mais . Voilà tout est fichue . Je . Oh !

- Tu bégayes Emilie . M'annonçait-il souriant .

- Je . Oui, c'est vrai . Mais tu ...


Il prit mon visage entre ses mains et déposait délicatement ses lèvres sur les miennes . J'aimais le goût qu'elles avaient . J'aimais la façon dont il s'y prenait, comme dans un film, comme dans … un rêve . C'était incroyablement parfait . Je me retirais et le regardais longuement . Il faisait de même . Je posait mes mains sur les siennes et les dégageaient doucement de mon visage . Nos doigts s'entremêlèrent, nous sourions .


- Alors comme ça tu savais . Disais-je paisiblement .

- J'ai toujours su .



Après mûres réflexions et pour en arriver à une fin aussi gnan-gnan, j'en conclue que ma vie n'est qu'un rêve inachevé . Je ne suis que spectatrice de ma propre alors que je devrais en être protagoniste . Je dois m'affirmer, faire entendre mes idées, assumer mes choix et d'aller au bout de mes envies . Je dois vivre quoi ...

Sur ceux, je vous souhaite une très bonne soirée et vous dit à bientôt .

Duttle.

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